Les héros de Rome 4/4. Mucius Scevola

Le pont de bois brûlé, la ville est préservée.
Mais l’Étrusque assaillant  installe alors son camp
Sur la rive du Tibre et Rome est assiégée,
L’ennemi l’enserrant en un étroit carcan.

Malgré des escarmouches où les soldats s’affrontent,
L’armée romaine échoue à chasser Porsenna.
Un jeune patricien, pour son peuple ayant honte,
Songe à le libérer par un assassinat.

Ce jeune citoyen, d’un courage héroïque,
Dans le camp ennemi pénètre déguisé,
Et, cachant un poignard sous son ample tunique,
Atteint du campement le centre pavoisé.

Avisant un groupe d’importants personnages,
Il porte un coup fatal à l’un d’entre eux qu’il croit
Être Porsenna mais, ignorant son visage,
En fait il ne tue qu’un secrétaire du roi.

Arrêté sur le champ par plusieurs sentinelles,
Tout de suite traduit devant le souverain,
L’homme alors déclare de façon solennelle :
« Je suis Caius Mucius, un citoyen romain.

Ennemi, j’ai voulu tuer un ennemi,
Et je suis aussi prêt à recevoir la mort
Qu’à la donner, comme je me l’étais promis !
Hélas, j’ai échoué mais après moi encor,

Beaucoup d’autres Romains à cet honneur aspirent !
Nombreux seront ceux qui, à toute heure du jour
Ou de la nuit viendront dans le but de t’occire !
Des légions d’assassins rôderont alentour ! »

Alors que Porsenna que ce discours irrite
Donne des ordres pour le faire supplicier,
Caius Mucius, qu’anime un courage émérite,
Allonge sa main droite au-dessus d’un brasier.

« Vois combien notre corps est vraiment peu de chose
Pour ceux qui n’ont en vue que la gloire et l’honneur ! »
S’écrie-t-il alors que tout son bras se nécrose,
« Que ma main droite soit punie de son erreur ! »

La détermination et le courage immense
De Mucius, appelé Scaevola, « le gaucher »,
Chez Porsenna déclenche une panique intense.
Il ordonne à ses gardes de le relâcher

Et, comme le héros répète sa menace
Déclarant que trois cents autres jeunes romains
Afin de le tuer vont marcher sur ses traces
Et que déjà plusieurs se sont mis en chemin,

Effrayé, le roi prend la décision subite
De lever tout le camp et dès le lendemain,
Il négocie la paix avec Rome puis quitte
Avec son armée le territoire romain.

* * * * * * *

Ô courage ! Ô bravoure ! Ô vertus héroïques !
Vous fûtes les piliers, les murs, les fondations
Sur lesquelles Rome bâtit sa République
Et brilla au-dessus de toutes les nations !

                                                 Arnaud Jonquet

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.