La guerre de Troie 5/8. L’atermoiement d’Ilion

Autour de l’équidé les soldats déambulent
Et s’aperçoivent qu’un homme se dissimule
Quelque peu, semble-t-il, derrière l’animal :
Un Grec ligoté à la jambe du cheval.
Avec ce prisonnier, ils remontent à la ville
Pour faire leur rapport au roi et ses édiles
Parlant du camp désert, du cheval prodigieux,
Et de ce soldat grec, peut-être séditieux.
Pressé de toutes parts, menacé de sévices,
L’homme raconte que, sur les conseils d’Ulysse,
Les Grecs voulant l’offrir en sacrifice aux Dieux,
Il fuit pour échapper à ce trépas odieux,
Et, courant prestement vers la haute effigie,
Entre ses quatre jambes alors se réfugie
Car, étant consacrée à Pallas-Athéna,
Les sacrificateurs alors ne pouvaient pas
Immoler ce soldat sous cette statue ample
Devenue pour le peuple aussi sacrée qu’un temple.
Il révèle aussi que cet abandon des Grecs
N’est vu par eux que comme un temporaire échec
Et, qu’avec des renforts et des armes plus sûres,
Ils reviendront afin d’obtenir la capture
D’Ilion qui leur a si longtemps résisté.
Il précise aussi aux Troyens épouvantés
Que le cheval fut construit en hauteur de sorte
Qu’il ne puisse jamais de Troie franchir les portes.

Tout le peuple assemblé, après ce long récit,
Discute et se divise, hors quelques indécis,
En deux clans passionnés qui promptement s’emportent :
Les citoyens méfiants qui violemment exhortent
Le roi Priam afin que l’on boute le feu
Immédiatement à cet objet pernicieux,
Et puis l’autre parti, sans doute plus crédule,
Fermement opposé à ce que l’on le brûle.
Ceux-là étant sans doute plutôt superstitieux
Et souhaitant attirer la protection des dieux,
Ils veulent dans la ville et le long de ses rues
Cérémonieusement faire entrer la statue
Honorant Apollon et même Jupiter
Et sa fille Athéna, la déesse aux yeux pers.

Et tout en descendant jusque vers le rivage
Pour que tous voient enfin le fantastique ouvrage,
Le débat passionné encore se poursuit.
Le prêtre Laocoon, voulant qu’il soit détruit,
Harangue les Troyens de façon véhémente
Lorsque sortent soudain de la mer écumante,
Déroulant leurs anneaux, deux longs serpents hideux
Qui en sifflant s’attaquent alors aux malheureux
Deux fils de Laocoon tout proches de la plage.
Voulant les secourir, leur père avec courage
Contre les deux reptiles à la lutte se joint
Mais devant tous figés en impuissants témoins,
Succombe avec ses fils en une mort terrible.
Ainsi donc pour tous le doute n’est plus possible.

                                       (à suivre)

One thought on “La guerre de Troie 5/8. L’atermoiement d’Ilion

  1. On est en partance pour le Luxembourg et nous sommes heureux de te lire, parce que dans le lot des statues de Videli se trouve justement un cheval de Troie que je t enverrai en photo
    Vivement le prochain épisode pour que nous puissions encore mieux raconter son histoire
    Videli se joint à moi pour te féliciter

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