Entre deux infinis, le grand et le petit…

Photo prise par le télescope James Webb en octobre 2022 : « Piliers de la création », immenses structures de gaz, de poussières et de jeunes étoiles en formation.

L’univers m’embarrasse et je ne puis songer
que cette horloge existe et n’ait point d’horloger.
                                  Voltaire
Un peu de science éloigne de Dieu,
beaucoup de science y ramène.
                                   Louis Pasteur

Le siècle précédent et celui qui commence
Ont été les témoins, dans le champ de la science,
De progrès fabuleux qui ont bouleversé
Tout le savoir acquis dans les âges passés ;
Découvertes étonnantes, spectaculaires, inouïes
Qui toutes apparurent en quelques décennies !

Déjà dans le passé, les piliers de la foi
Avaient déjà été ébranlés par des lois
Scientifiques énoncées par ces savants qu’on nomme
Chimistes, physiciens, biologistes, astronomes,
Qui avaient établi, au mépris des dangers,
Malgré les anathèmes de tout le clergé
Que le soleil était, – et non pas notre monde -,
Le centre autour duquel la terre fait la ronde ;
Que notre globe avait un âge très ancien,
Non pas les six mille ans de la bible mais bien
Des millions et même plusieurs milliards d’années !
La religion déjà se trouvait malmenée.
Grâce aux principes que Newton a découverts,
La simple mécanique expliquait l’univers !
Le siècle des Lumières, bien armé de sa science,
Condamnait à l’oubli les anciennes croyances
Faisant d’un Créateur une superstition
Et bien inutile l’idée de création.
Ces concepts, peu à peu, ont desserré l’emprise
Qu’avaient sur le peuple les dogmes de l’Église,
Ouvrant pour ce vingtième siècle et ses enfants
Cette ère du matérialisme triomphant !

Mais la curiosité, qui toujours pousse et mène
L’inépuisable élan de la pensée humaine,
Allait, dès le début de ce siècle passé,
Avancer des concepts qui semblaient insensés,
Des théories mettant l’intellect mal à l’aise
Car les mathématiques accréditaient des thèses
Qui restent étrangères à notre sens commun
Et restent un défi pour l’entendement humain.
Einstein a établi, – et c’est une prouesse -,
Que le temps varie en fonction de la vitesse !
Et puis d’autres chercheurs, ouvrant un nouveau front,
Nous en apprirent de belles sur l’électron
Qui serait, voyez-vous, – ça semble ridicule -,
Onde à certains moments, à d’autres, particule !
Mécanique quantique ou bien aberration ?
Nos chers savants parlaient d’indétermination,
De diffraction, d’intrication, d’incomplétude…
La science entrait dans l’ère de l’incertitude
Mais n’était pas encore au bout de ses stupeurs.
Car, pendant ce temps-là, un groupe de chercheurs,
S’appuyant sur les lois de thermodynamique,
Annonça de notre univers la mort thermique !
Ainsi donc le cosmos, qu’on croyait éternel,
Immuable, aurait un avenir mortel ?!
Puis il y eut surtout une autre théorie
Qui mit tous les savants au bord de l’hystérie !
L’univers serait né d’une brusque explosion,
Le Big-Bang, point de départ de la création !
Un minuscule point qui, tout à coup, explose ?
Quoi ! A partir de rien ? Et quelle en fut la cause ?
Puis cette thèse inouïe, d’abord mise au placard,
Se trouva confirmée quelques années plus tard
Lorsque fut captée par une immense antenne
Un étrange signal, bizarre phénomène,
Qui fut identifié avec étonnement
Comme étant du Big-Bang le vieux rayonnement,
Radiation électromagnétique fossile !
Le monde scientifique redevint fébrile.
La science faisait face à d’énormes défis
Devant deux infinis, le grand et le petit.
Pour confirmer le tout, une autre découverte,
Encore une de celles qui vous déconcertent,
Affirma du cosmos la constante expansion !
L’univers grandirait, un peu comme un ballon
Que l’on gonfle en soufflant, telle une immense sphère,
Expansion qui, en plus, constamment s’accélère !
C’est par moult calculs et moult observations
Au sein des galaxies et des constellations
Qu’a été mesuré, dans cette nuit astrale,
L’éloignement constant de toutes les étoiles.
Et le fameux Big-Bang, cette histoire de fous,
En quelques décennies s’est imposé à tous.

Alors pour vérifier toutes les hypothèses
Qui sont sous-tendues par cette étrange genèse,
Le monde scientifique, ainsi qu’un horloger,
Du cosmos à l’atome, sans rien négliger,
Démontant pièce à pièce l’immense engrenage,
Calcula chacun des nécessaires réglages
Et donc établit toutes les conditions
Physiques permettant la brusque apparition
Du Big-Bang et ceci de façon très précise.
Ce fut pour tous une formidable surprise !
Chercheurs et savants ont ainsi découvert
Que, depuis son début, notre vaste univers,
Immense basilique à expansion géante,
S’est construit sur un nombre restreint de constantes,
Éternels pilastres du cosmos infini,
Unités physiques fondamentales qui
Sont d’une précision vraiment phénoménale,
Car changer même une lointaine décimale
D’un seul de ces nombres eut conduit au néant !
Rien n’aurait émergé hors du chaos géant.
L’exactitude que la réussite exige,
Précision prodigieuse à donner le vertige,
Ne permet absolument plus de concevoir
Un univers créé simplement par hasard !
En effet le hasard est impossible presque,
Fraction qui vaut 1 sur un chiffre gigantesque,
– Calcul pour lequel, seul, l’ordinateur convient-,
Le nombre effarant de dix puissance cent vingt !
Un nombre hallucinant qui nous laisse incrédules
Car très supérieur au nombre de particules
Contenues au sein de notre vaste univers !

Pour les savants athées, quel terrible revers
De leur philosophie ! Il est bien révolu
Le temps où l’on passait pour un hurluberlu
Lorsqu’on parlait de Dieu. Ainsi les conséquences
De cette théorie ont dépassé la science
Posant assurément des problèmes gênants
A d’éminents chercheurs, professeurs et savants
Car débordant du champ de la simple physique
Pour atteindre celui de la métaphysique !
Puisqu’enfin accepter que l’immense univers
Eut un commencement évidemment requiert
L’idée de création ! Logique cohérence
Qui indispose fort nombre d’hommes de science,
Les obligeant alors d’admettre avec horreur
Que toute création suppose un créateur ;
D’admettre qu’il y eut une cause première
A l’origine de la création entière.

Mais les nombres prouvent que tout est orchestré
Extraordinairement ainsi qu’un « coup monté »
Par une volonté et une intelligence
D’une incommensurable et infinie puissance !
Mystérieuse entité appelée si l’on veut
Allah, Yahvé, Brahma, Manitou ou bien Dieu,
Divinité cachée que chantent les légendes,
Éternel, insondable Esprit qui nous transcende !

Lorsque l’on voit la nuit le doux scintillement
D’innombrables étoiles au sombre firmament,
Ou en admirant sur les photos de l’espace
Ces nébuleuses qui dans les confins embrassent
Des milliards d’étoiles flottant dans les éthers
On peut se demander : à quoi sert l’univers ?
A quoi donc sert cette formidable machine
D’une mise en œuvre incroyablement fine ?
Quel est le but de cette cosmique éclosion,
Et le profond dessein de l’ample création ?
Du chaos primordial la visée poursuivie
Serait-elle de faire apparaître la vie ?
Est-ce de transformer, en un changement lent
Qui chemine à travers des abîmes de temps,
L’élément primordial, l’atome de matière,
En pensée, en conscience et enfin en lumière ?

                                                    A.J.   Octobre 2022

One thought on “Entre deux infinis, le grand et le petit…

  1. Toujours aussi génial et éclectique cher Arnaud !!!
    Je suis actuellement très occupée pour faire sortir d’une Ehpad mon amoureux Bien Aimé que sa fille a fait placer de force et contre son gré de peur qu’il ne me donne de l’argent (dont je n’ai vraiment que faire!!!) quelle tristesse que peut provoquer l’appât du gain chez certaines personnes !…
    Heureusement qu’il existe des gens comme toi qui s’intéressent à autre chose qu’à l’argent ! Je suis heureuse de te connaître et de lire ta poésie qui me permet de m’élever de ce monde matérialiste
    Avec mes sentiments les plus affectueux
    Maryvone D.

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